Témoignages

«Ma fille de 17 ans s’est vu remettre une prescription pour l’ablation des deux seins et un traitement non autorisé en Suisse de testostérones après uniquement deux séances, par un pédopsychiatre. Elle n’a jamais éprouvé d’incongruence de genre et était toujours très féminine. Cette auto-identification a débuté à l’adolescence à la suite d'une rupture. Il y a quatre filles dans sa classe qui proclament être des garçons.»

 

«Ma fille de 16 ans, fragilisée par le décès de son père, m’a annoncé subitement en février 2020 ne pas être une fille mais un garçon. Elle a été d’accord de commencer une psychothérapie. En septembre, elle a changé d’école et a rencontré un médiateur scolaire qui l’a guidée pour faire un coming out à l’école. Elle m’a demandé l’autorisation de prendre de la testostérone, ce que j’ai refusé. Quelques mois plus tard, elle est allée se plaindre de moi au médiateur de mon refus. Sans m’avoir consultée, celui-ci a fait un rapport au proviseur de l’école, qui a écrit au juge de paix. Ce rapport au juge de paix déclare: «X s’identifie comme un garçon trans. Selon lui, sa mère minimise, voire nie ce sentiment profond qu’il a d’appartenir au genre masculin, ce qui provoque chez lui un fort mal-être. Cette situation empêche la mise en place d’un suivi qui répondrait aux besoins formulés (traitement hormonal, binder, etc.).» […] Ma fille a été placée en foyer le soir même de mon entrevue avec le juge de paix, celui-ci ne remettant pas en cause les accusations du proviseur et demandant à la curatelle de «mettre en place un suivi psychologique adapté à sa situation», alors même qu’un suivi adéquat était en place avec une pédopsychiatre.»

 

«Nous sommes les parents d’une adolescente qui, trois ans après sa puberté et encore mineure, a dit s’identifier comme un garçon et suit, depuis, une thérapie hormonale de réassignation de genre. Nous avons été atterrés par le décalage entre la promesse d’un traitement sur mesure et le constat que notre enfant a été propulsée dans une machine qui avance à grande vitesse et qui applique une méthode uniforme: l’affirmation de la transsexualité de l’enfant et sa médicalisation la plus rapide possible. Notre enfant a, par exemple, vu un spécialiste pour discuter de la congélation de ses ovocytes. Comment une adolescente peut-elle prendre la mesure d’une telle décision en moins d’un quart d’heure de consultation? Nous nous sommes vus diaboliser parce que nous osions poser des questions sur un traitement lourd, aux conséquences irréversibles. Les médecins et psychiatres ont balayé nos inquiétudes sur le malaise adolescent de notre enfant qui, comme beaucoup de jeunes dans sa situation, a de lourds antécédents dont il n’a pas été tenu compte.»

 

«Je considère ma fille comme une rescapée. A 16 ans, elle a déclaré qu’elle se sentait être un garçon. Sa transition sociale a été initiée dans le cadre du collège sans que nous, parents, en ayons été informés. Elle a ensuite été rapidement accompagnée sur le chemin vers la transition médicale tant par le service de pédiatrie de l’hôpital que par une association militante, et enfin par le psychiatre qui lui a décerné en quelques séances un certificat médical déclarant qu’elle avait la capacité de discernement pour suivre une hormonothérapie et subir une mastectomie, cela à l’âge de 16 ans. Aujourd’hui, X. qui, il y a encore une année exprimait sans aucun doute la volonté de prendre des hormones, a décidé de temporiser. Si elle/il préfère être genré·e au masculin, elle/il semble s’être libéré·e de l’obsession de conformer son corps à son genre ressenti, et a compris que son mal-être avait peut-être des causes plus larges que la seule dysphorie de genre.»